Association GRAL pour la maladie d'ALZHEIMER
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Communication du Docteur BELLIARD au XXVIIIème Congrès du GRAL

16/04/2018

Classiquement, on considère que les fonctions cognitives prennent naissance dans le cortex cérébral.  Certes, et  dès le XIXème siècle, il a été admis que les lésions de la substance blanche  peuvent perturber l'expression de ces fonctions cognitives, créant certains syndromes spécifiques (comme l'alexie sans agraphie ou l'apraxie unilatérale gauche...), mais la substance blanche n'est ici considérée que comme une voie de transmission de l'information, alimentant le centre cortical par les afférences sensorielles nécessaires à son fonctionnement ou transmettant l'information  cognitive vers les centres effecteurs moteurs. Les techniques d'imagerie fonctionnelle, comme la DTI,  qui nous permettent de mieux visualiser les faisceaux de substance blanche, ont grandement amélioré notre compréhension des bases neurales à l'origine de ces syndromes cognitifs spécifiques. Cependant, la neuropsychologie cognitive d'un côté, l'éclosion des techniques d'imagerie fonctionnelle de l'autre (PET scan, IRMf)  nous ont permis de revoir le rôle de la substance blanche. En effet, les fonctions cognitives sont sous la dépendance de zones cérébrales éloignées, reliées entre elles par de vastes réseaux de substance blanche. La transmission d'information est alors cruciale, les relais corticaux n'ayant parfois d'autre fonction que la mise en relation d'informations plus élémentaires. Ils ne jouent qu'un rôle de « hubs », de zones de « convergence ». S'il est indiscutable que la substance blanche joue un rôle essentiel dans l'élaboration et l'expression des fonctions  cognitives et  instrumentales, celles-ci sont paradoxalement peu perturbées dans les pathologies touchant préférentiellement la substance blanche. Ce sont alors les fonctions de contrôle (fonctions exécutives, attentionnelles...) qui sont au cœur du déficit cognitif. Là encore, les nouvelles techniques d'imagerie fonctionnelle ont mis en évidence de vastes réseaux cortico-sous corticaux actifs au repos permettant de diriger notre activité cognitive, les « connectomes » (réseau par défaut, réseau attentionnel)... Ces réseaux peuvent s'activer ou se désactiver en fonction des contingences internes et externes. Les lésions diffuses de substance blanche semblent pouvoir perturber l'activité coordonnée de ces « connectomes ».

 

Session 1 BELLIARD.pdf

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