Maladie d’Alzheimer, démences vasculaires et formes mixtes : ce que disent les études récentes
Si la maladie d’Alzheimer est définie par la présence caractéristique de plaques amyloïdes et de dégénérescence neurofibrillaire, on sait aujourd’hui que près d’un tiers des démences diagnostiquées chez les personnes de plus de 80 ans sont en réalité des démences « mixtes » (INSERM, 2023), où se conjuguent les lésions spécifiques d’Alzheimer et la souffrance vasculaire cérébrale.
Concrètement, cela signifie :
- La « pure » maladie d’Alzheimer est rare avec l’avancée en âge : la majorité des patients présentent, en plus, des lésions liées à l’athérosclérose et à de micros AVC.
- Les mêmes symptômes (troubles de la mémoire, désorientation, ralentissement intellectuel…) peuvent donc relever de mécanismes multiples, parfois intriqués.
- La prise en charge doit être globale : surveiller la cognition sans négliger la santé cardiovasculaire, et inversement.
Une idée reçue voudrait que la maladie d’Alzheimer soit entièrement « génétique » et indépendante des autres pathologies. Or, selon la Société Alzheimer du Canada et plusieurs grands registres épidémiologiques, le cumul de facteurs cardiovasculaires chez une même personne multiplie par trois à cinq le risque de développer une forme de démence à l’âge avancé, qu’elle soit d’origine vasculaire, Alzheimer, ou plus souvent mixte.