Surveiller les signes physiques dans les formes avancées de la maladie d’Alzheimer

10 mai 2025

maladie-alzheimer-gral.com

Les changements moteurs : signes d’alerte fréquents

À mesure que la maladie progresse, de nombreux malades d’Alzheimer perdent leur aisance motrice. Ces changements physiques sont parfois subtils au début, puis deviennent plus évidents au fil du temps.

1. Faiblesse musculaire et ralentissement

La faiblesse musculaire et la lenteur des mouvements sont des indicateurs fréquents. Les patients peuvent avoir du mal à marcher, monter des escaliers, ou même se lever de leur fauteuil. Ce ralentissement est lié à la dégénérescence neurologique qui affecte les connexions nerveuses responsables de la coordination motrice.

2. Troubles de la posture et de l’équilibre

Les troubles de la posture et de l’équilibre sont courants à ce stade. Les patients ont souvent une démarche hésitante, avec un risque accru de chutes. Une vigilance particulière est donc nécessaire pour sécuriser leur environnement. D’après une étude publiée dans la revue , les chutes représentent une des principales causes d’hospitalisation chez les personnes atteintes d’Alzheimer avancée.

3. Spasticité et rigidité

La rigidité musculaire ou la spasticité (raideur accrue des muscles) peut apparaître dans les stades évolués. Cela rend les mouvements fluides encore plus difficiles, pouvant gêner des gestes simples comme s’habiller ou se nourrir.

Les troubles de la déglutition : un risque majeur

Les problèmes de déglutition (ou dysphagie) sont fréquemment observés dans les formes évoluées de la maladie d’Alzheimer. Ce trouble est souvent lié à une détérioration des mécanismes neuromusculaires impliqués dans l’ingestion des aliments et des liquides.

1. Signes évocateurs de la dysphagie

Surveillez des manifestations telles que :

  • La toux ou l’étouffement : survenant pendant ou après les repas, cela peut indiquer que les aliments ou liquides passent dans les voies respiratoires.
  • L’essoufflement : il peut être le signe que des résidus alimentaires stagnent dans les voies respiratoires.
  • La perte de poids involontaire : une difficulté à manger peut entraîner une réduction de l’apport calorique.

Ces signes doivent être pris très au sérieux, car la dysphagie augmente le risque de pneumonie par aspiration, une complication pouvant mettre en jeu le pronostic vital.

2. Mesures à adopter

Il est souvent nécessaire de modifier la texture des aliments et des boissons (broyés ou épaissis) pour limiter le risque d’étouffement. Un suivi par un orthophoniste peut être d’une grande aide pour évaluer la déglutition et proposer des exercices adaptés.

La perte de poids et ses conséquences

Dans les stades tardifs d’Alzheimer, la perte de poids est un problème fréquemment documenté. Au-delà de la dysphagie évoquée précédemment, d’autres facteurs peuvent y contribuer :

  • L’apathie ou la perte d’intérêt pour l’alimentation.
  • Les troubles olfactifs et gustatifs qui modifient la perception des saveurs.
  • Les difficultés à coordonner les gestes pour se nourrir, impliquant une dépendance accrue vis-à-vis des aidants.

Une perte de poids importante affaiblit le système immunitaire, ralentit la cicatrisation des plaies, et prédispose aux infections. En EHPAD, des programmes nutritionnels spécifiques existent pour répondre à ces besoins. Chez les aidants à domicile, l’implication d’un diététicien peut également s’avérer bénéfique pour proposer des solutions adaptées.

Les altérations cutanées : attention aux escarres

Les maladies chroniques, la diminution de la mobilité et les longs moments passés au lit augmentent le risque de lésions cutanées, particulièrement dans les formes avancées d’Alzheimer.

1. Comprendre les escarres

Les escarres sont des plaies liées à une pression prolongée sur certaines zones du corps. Les endroits à risque incluent les talons, le sacrum et les hanches. Ces lésions peuvent apparaître rapidement, surtout si l’état nutritionnel est fragile ou si l’hydratation est insuffisante.

2. Prévention et prise en charge

Pour prévenir les escarres :

  • Changez régulièrement la position du patient alité ou en fauteuil roulant.
  • Utilisez des matelas et coussins anti-escarres.
  • Inspectez quotidiennement la peau, et appliquez des crèmes hydratantes protectrices.

En cas de plaie déjà formée, une prise en charge rapide par une équipe de soins est essentielle pour éviter qu’elle ne s’infecte.

Les atteintes respiratoires et infections fréquentes

La diminution de la capacité motrice et l’alitement prolongé augmentent les risques de complications respiratoires. Ces troubles incluent notamment :

  • Les infections pulmonaires : souvent liées à l’inhalation d’aliments ou de salive à cause de la dysphagie.
  • L’encombrement bronchique : qui résulte d’une diminution de la capacité à tousser efficacement.

Une bonne hygiène bucco-dentaire, associée à la kinésithérapie respiratoire, peut réduire certains de ces risques. De plus, rester attentif aux signes d’infections tels que la fièvre, l’essoufflement ou des modifications dans le comportement permet d’agir rapidement.

Un accompagnement global pour une prise en charge adaptée

Surveiller les signes physiques dans les formes avancées d’Alzheimer demande une approche vigilante et bienveillante. L’objectif est double : garantir un maximum de confort pour la personne malade et prévenir l’apparition de complications graves. Chaque symptôme doit être considéré dans sa globalité, en tenant compte des besoins spécifiques du patient et en établissant une communication régulière avec les professionnels de santé.

Ces étapes peuvent sembler complexes, mais elles permettent d’offrir un cadre de vie le plus serein possible, même dans les moments les plus difficiles. Chaque geste compte, et chaque adaptation, aussi petite soit-elle, peut faire une grande différence.

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