Les examens d’imagerie dans le diagnostic de la maladie d’Alzheimer : ce qu’il faut savoir

16 août 2025

maladie-alzheimer-gral.com

Pourquoi faire des examens d’imagerie dans le cadre d’un trouble de la mémoire ?

Face aux plaintes de mémoire, de désorientation ou de difficulté à réaliser les gestes du quotidien, les médecins s’appuient sur un ensemble d’examens : clinique, neuropsychologique… et, de plus en plus systématiquement, sur l’imagerie. Plusieurs objectifs à cela :

  • Écarter une autre cause potentiellement réversible : une tumeur cérébrale, un AVC, une hydrocéphalie peuvent expliquer des symptômes proches. Repérer ces situations demeure prioritaire.
  • Soutenir le diagnostic d’une démence d’Alzheimer ou apparentée : certaines anomalies évocatrices permettent d’orienter l’hypothèse diagnostique, dans une démarche toujours collégiale.
  • Documenter l’évolution : suivre les changements de structure du cerveau au fil du temps, et ajuster l’accompagnement.

L’imagerie vient donc en appui du dossier clinique, sans jamais se substituer à l’écoute attentive du vécu de la personne et de ses proches.

IRM cérébrale : l’examen de référence

L’Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) est souvent le premier examen prescrit en France devant un trouble cognitif inexpliqué (Haute Autorité de Santé, 2021). Son atout majeur : produire des images précises des différentes structures cérébrales, sans irradiation.

Ce que l’on recherche avec l’IRM

  • Une atrophie de l’hippocampe, zone-clé de la mémoire, qui se réduit précocement dans Alzheimer.
  • Une atteinte du cortex temporal interne, caractéristique de la maladie au stade débutant.
  • Des lésions vasculaires : micro-infarctus, saignements anciens, qui peuvent orienter vers une autre forme de démence.
  • D’autres anomalies : tumeurs, hématomes, hydrocéphalie…

Points forts et limites de l’IRM

  • Elle ne délivre ni rayon X ni produit de contraste nocif dans la majorité des cas.
  • Ses anomalies restent parfois discrètes aux premiers stades d’Alzheimer, nécessitant l’avis de radiologues expérimentés.

Selon la Société Française de Neuroradiologie, c’est l’examen le plus sensible pour détecter l’atrophie hippocampique (SFNR), un critère important dans les dernières recommandations.

Scanner cérébral (TDM) : un outil complémentaire

Le scanner cérébral, ou tomodensitométrie (TDM), est souvent employé comme alternative pratique à l’IRM, notamment chez les personnes porteuses d’un stimulateur cardiaque, claustrophobes ou en situation instable.

  • Rapide et accessible, il permet d’exclure d’autres causes, mais donne des images moins précises (notamment sur l’atrophie hippocampique).
  • Recommandé surtout après 80 ans ou en urgence (chute, symptômes aigus).

Le scanner détecte efficacement :

  • Les lésions vasculaires (AVC, petites hémorragies anciennes…)
  • L’hydrocéphalie à pression normale, cause curable et rarement évoquée à tort pour Alzheimer

TEP cérébrale : visualiser le fonctionnement du cerveau

La Tomographie par Émission de Positons (TEP) est une forme d’imagerie fonctionnelle qui permet d’observer l’activité métabolique du cerveau en temps réel. On injecte au patient un traceur faiblement radioactif, le fluorodésoxyglucose (FDG), qui met en évidence les zones cérébrales moins actives.

TEP au FDG : à quel moment ?

  • En cas de doute diagnostique ou de formes atypiques
  • Quand l’IRM reste ambiguë, notamment chez les moins de 65 ans
  • Pour différencier Alzheimer d’autres démences : frontotemporales, à corps de Lewy, etc.

La TEP met en évidence des hypométabolismes (zones de moindre activité) précoces dans les régions temporales et pariétales, qui orientent vers Alzheimer. Selon les données du Plan Maladies Neurodégénératives, la sensibilité de cet examen atteint 86% à un stade débutant (HAS).

TEP amyloïde : un nouvel outil, encore rare

Depuis 2017 en France, quelques centres expérimentaux proposent la TEP amyloïde, qui détecte la présence des fameuses plaques constituées de protéine bêta-amyloïde. Cela aide à préciser le diagnostic, en cas d’incertitude majeure, mais cet examen n’est pas accessible hors de projets de recherche ou d’avis hautement spécialisé.

  • La TEP amyloïde est positive chez environ 90% des malades Alzheimer, mais aussi chez 10-20% des seniors sans trouble cognitif (source : Alzheimer Association).
  • Elle ne remplace pas l'évaluation globale : son intérêt clinique se discute au cas par cas.

Imagerie et diagnostic : ce que ces examens permettent… et ce qu’ils ne disent pas

Il est important de rappeler que le diagnostic d’Alzheimer ne repose jamais uniquement sur un cliché ou une courbe de couleur. L’imagerie (HAS, mise à jour 2021) s’insère dans une approche globale :

  1. Recueillir les signes rapportés par la personne et son entourage
  2. Réaliser une évaluation neuropsychologique (bilan mémoire, attention, langage…)
  3. Exclure d’autres causes médicales par des examens sanguins
  4. Appuyer sur les anomalies retrouvées en imagerie structurelle ou fonctionnelle
  5. Rendre un avis collégial, parfois via une consultation mémoire pluridisciplinaire

Certaines personnes présentent des images typiques sans véritable symptôme, et d’autres évoluent sans que l’imagerie ne confirme une pathologie d’entrée. L'intuition et l’expérience clinique restent donc capitales. C’est particulièrement vrai après 85 ans, où la coexistence de troubles vasculaires et de lésions neurodégénératives est très fréquente (Vidal).

Autres pistes : l’imagerie avancée et la recherche clinique

La recherche avance vite. De nouveaux examens sont à l’étude et utilisés dans le cadre de protocoles spécialisés :

  • IRM fonctionnelle (IRMf) pour localiser les zones du cerveau en activité pendant la réalisation de certaines tâches cognitives.
  • Imagerie de la tau-protéine (TEP-Tau), prometteuse pour différencier plus précisément les démences, mais inaccessible en pratique courante.

À retenir : ces outils sont réservés à des centres experts universitaires ou à la recherche, et n’entrent pas encore dans la pratique clinique de tous les jours.

Connaître les indications et limites pour mieux accompagner

Face à la demande de clarté lors de l’annonce d’un éventuel diagnostic d’Alzheimer, les examens d’imagerie sont désormais intégrés à l’arsenal d’évaluation et offrent une aide précieuse tant pour préciser l’origine des troubles, que pour rassurer et expliquer les décisions médicales prises. Il reste essentiel d’en comprendre le sens : un examen négatif ne ferme pas la porte à un suivi, un compte-rendu évocateur ne prédit pas l’évolution avec certitude.

L’écoute du récit du patient, la perception des proches, et la collaboration entre médecins, équipes paramédicales et famille restent le socle d’une prise en charge adaptée. L’imagerie, de plus en plus performante, contribue à lever certains doutes, mais chaque situation impose prudence, éthique et accompagnement personnalisé.

Pour aller plus loin, n’hésitez pas à consulter les recommandations actualisées de la HAS et du site Alzheimer Association, qui offrent une information accessible et régulièrement mise à jour pour tous.

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