Les outils principaux de la communication non verbale en EHPAD : mode d’emploi
Regard : vecteur d’attention et de présence
Un contact visuel doux — ni insistant, ni fuyant — établit le lien sans impression de menace ou d’intrusion. Attirer doucement le regard du résident avant de commencer une action (toilette, prise de repas, etc.) favorise un climat de confiance et lui laisse le temps de prendre conscience de la situation.
- Adapter la hauteur : se mettre à hauteur des yeux de la personne
- Éviter de surprendre par l’arrière ou sur le côté sans prévenir
- Savoir détourner le regard pour offrir des pauses
Expression du visage : transmettre les émotions et rassurer
Le sourire accueillant, les sourcils légèrement relevés pour montrer l’écoute, un visage détendu : ces signaux sont massivement interprétés de façon positive par les résidents. À l’inverse, les mimiques de contrariété ou de tension, même involontaires, peuvent générer de l’angoisse.
- Éviter la rigidité du visage, qui peut être perçue comme froideur ou anxiété
- Faire preuve d’une congruence entre ce qui est exprimé et ce qui est ressenti
La posture corporelle : se placer pour accompagner, pas pour dominer
Dans nombre de situations (accompagnement, soins, déplacements), la posture parle d’elle-même. Une posture ouverte (bras relâchés, torse orienté vers la personne) invite à l’échange, tandis que se tenir debout au-dessus d’un résident assis peut être vécu comme une situation de domination.
- Privilégier une position à côté ou à la même hauteur que la personne
- Laisser une distance personnelle adaptée, jamais trop près ni trop loin
- Adapter ses mouvements à la lenteur des gestes de la personne parfois ralentie
Le toucher : un contact raisonné et jamais imposé
Le toucher peut rassurer, apaiser, transmettre une présence. Mais il doit toujours être proposé, jamais imposé, car il reste un marqueur fort de l’intimité et du respect de l’autre. D’après la Haute Autorité de Santé (HAS), le toucher apaisant est recommandé dans la toilette ou l’accompagnement, mais il doit toujours s’accompagner d’une parole explicative, même si le patient ne semble plus comprendre.
- Toucher la main pour signifier sa présence avant toute intervention
- Utiliser des gestes lents, doux, toujours visibles et prévisibles
- Respecter les refus, les réactions de retrait ou de crispation
La gestuelle et les mouvements
Accompagner ses paroles de gestes simples renforce la compréhension. Par exemple, montrer une brosse à cheveux avant la toilette peut faciliter la participation du résident, même s’il ne comprend plus toutes les consignes orales.
- Favoriser les gestes amples, lisibles, plutôt que des gestes précipités
- Rester cohérent : ne pas multiplier les gestes contradictoires
- S’adapter à la capacité visuelle et à la fatigabilité du résident