Dépistage et conseil génétique : démarches et limites
L’intérêt du conseil génétique dans les formes précoces
Dès lors qu’un cas familial d’Alzheimer précoce autosomique dominante est suspecté, un accompagnement spécifique s’impose :
- Le conseil génétique : entretien avec un spécialiste en génétique médicale pour expliquer les caractéristiques de la maladie, ses risques de transmission, et ouvrir éventuellement la voie à un test génétique
- Test génétique ciblé : recherche de mutations sur les gènes APP, PSEN1 ou PSEN2 si la situation est évocatrice
- Suivi psychologique recommandé pour les personnes concernées, en amont et en aval de tout dépistage génétique
Ce parcours n’est jamais automatique. Il est soumis à des étapes réglementaires précises (loi de bioéthique), et accompagné pour chaque demandeur d’un temps de réflexion. Le plus souvent, le test est proposé pour confirmer une mutation chez une personne déjà malade, puis de façon personnalisée chez les membres à risque, s’ils le souhaitent (France Alzheimer).
Être porteur d’une mutation : ce que cela implique
- Un individu porteur développe quasi assurément la maladie, souvent au même âge que le parent porteur. Mais il existe des variations individuelles.
- Chaque enfant d’une personne porteuse a 50% de risque d’hériter du gène muté, et donc de développer la maladie à son tour, un tirage au sort à chaque grossesse (source INSERM).
- Ne pas porter la mutation = pas de risque augmenté de développer cette forme familiale.
Pour la majorité des familles, le résultat du test engage des choix de vie majeurs. Beaucoup renoncent à savoir, préférant avancer sans connaître le statut génétique. Pour d’autres, c’est un moyen d’anticiper, de s’organiser ou de bénéficier d’études de suivi (« cohortes »).