Démence frontotemporale : l’attention perturbée par la perte d’initiative
Les démences frontotemporales (DFT) regroupent plusieurs formes dont la présentation dépend du lobe cérébral prédominant touché (frontale, temporale, sémantique, etc.). Elles représentent 2 à 5 % des démences mais jusqu’à 10 % chez les moins de 65 ans (Santé Publique France).
Ici, la difficulté majeure tient à la perte d’initiative et à l’impulsivité, bien plus qu’à une perte d’attention au sens classique. Pourtant, dans la forme comportementale de DFT, des troubles manifestes de l’attention sont observés :
- L’inattention environnementale : la personne semble ne plus « accrocher » aux stimulations de l’entourage, se replie ou passe brusquement d’un sujet à l’autre.
- L’attention soutenue : elle est altérée précocement, expliquant la difficulté à mener une tâche jusqu’au bout sans être distrait.
- L’attention sélective : elle reste relativement préservée au début mais décline avec la désorganisation comportementale.
L’aspect le plus singulier est l’absence de conscience du trouble, qui rend la plainte subjective rare, alors que l’impact réel, en particulier sur la gestion des activités complexes (gestion financière, planification), est majeur. Les tests psychométriques retrouvent souvent une baisse de l’attention divisée et de la flexibilité mentale dès les premiers stades (Piguet et al., 2011).